Archipel citoyen contre la citoyenneté, ou Jean-Luc Moudenc pour préserver Toulouse de l’hidalgoïsation.

 

Un archipel est un groupe d’îles séparées par des bras de mer. L’idée d’archipel implique la dispersion, l’éclatement, les déchirements, appelés à se manifester tôt ou tard. Elle trahit la fragilité du lien unissant ses différentes composantes. Le lien entre chaque île est un lien minimal, au sein de leur milieu commun, l’eau. Transposée dans l’univers politique la métaphore de l’archipel a de quoi inquiéter, aux abords de la grande crise économique qui se profile. D’autant plus que cette notion d’archipel prétend traduire deux réalités : la composition politique des élus au Capitole, et la composition culturelle, voire ethno-culturelle, de la population toulousaine. Archipel découpe Toulouse en communautés culturelles, ethniques et sexuelles. Par ce biais, elle détruit l’unité toulousaine, le sentiment d’appartenir à une civilisation plongeant ses racines dans un passé prestigieux. Si elle ne déboulonne pas encore des statues, la liste Archipel citoyen ne peut toutefois gagner qu’au moyen de cette destruction de l’unité civilisationnelle de notre ville.  Ce n’est pas que l’appellation d’Archipel citoyen soit mal choisie, c’est qu’elle révèle l’inconscient de ses candidats.

La politique proposée par Archipel citoyen reviendra à imposer à tous les lubies, les passions, les caprices, de quelques minorités. Politisant l’intime, elle repose sur une conception segmentaire de la société, qui parcellise la collectivité, incompatible avec l’idéal républicain,. Alors que toute vraie politique est lutte contre l’entropie, la déperdition, Archipel citoyen organise cette entropie, en flattant tous les particularismes. Archipel, c’est l’autre nom de la dictature des minorités, ethniques, culturelles, sexuelles, décomposant le tissu social, alors que le destin de Toulouse exige plus que l’unification des intérêts divers, l’assimilation à une âme collective. On rencontre dans cette liste dite de gauche des représentants de partis, EELV et LFI, qui ne cessent de se signaler – comme encore tout dernièrement à l’occasion des manifestations soutenant Adama Traore – par des proclamations peu respectueuses des valeurs républicaines. Archipel citoyen? Une inquiétante nébuleuse bariolée, qui n’est pas au clair avec les antifas, les décoloniaux, les indigénistes, les néo-féministes, les fanatiques de l’écriture inclusive, les islamistes, et d’autres extrémistes mus par le ressentiment, la rage destructrice, la haine satisfaite de soi, le désir de dominer. Archipel citoyen donne l’impression d’être une nébuleuse qui ressemble à une mauvaise manif, comme on a pu en voir ces derniers jours!

Le citoyen, nous dit Jean-Jacques Rousseau dans son Contrat social, est celui qui se soumet à la Volonté générale car il reconnaît en elle sa volonté à lui, qu’il ignorait peut-être avant sa révélation dans les urnes. La volonté générale n’est ni la somme des volontés particulières, ni aucune volonté individuelle. C’est sur ce concept que repose notre République. Elle est la traduction de l’universel. Inversement, la notion d’archipel renvoie à la dislocation du citoyen – cette unité, cette universalité  – en le ramenant à sa condition de membre d’une minorité à laquelle il faut octroyer le plus d’avantages différenciants possibles. Que considère Archipel citoyen en chaque électeur ? Réponse : sa couleur de peau, son sexe, ses origines ethniques, sa culture religieuse. Comme ses modèles au niveau national, cette liste se condamne à faire son marché avant le verdict des urnes sur fond de clientélisme ethnique, religieux, et culturel, aux dépens de l’assimilation. Cette approche parcellarisante est incompatible avec le concept républicain de Volonté général, puisque ce sont les désirs de chaque communauté qui vont tenir lieu de boussole, se substituer à elle. Archipel et citoyen sont deux mots qui se détruisent mutuellement. Les réunir en une formule est autant une imposture qu’une faute de logique.

Toute la quincaillerie idéologique au pouvoir sous François Hollande, qui a détruit l’Ecole, qui a cherché à bricoler les repères anthropologiques de la sexualité et de la filiation, qui a flatté tout ce qui pouvait disloquer la nation, qui a exalté la repentance et la honte d’être soi, afin de développer une politique des minorités, de transformer le pays en un catalogue de minorités à qui offrir des trophées symboliques, le scalp des valeurs du supposé vieux monde, se retrouve dans le programme d’archipel citoyen.

Les électeurs attachés aux valeurs traditionnelles de la gauche – celle de 1936, celles du 10 mai 1981 – ne peuvent pas se reconnaître dans cette trahison. Archipel citoyen n’a de gauche que le nom, par usurpation.  Toute la panoplie des accessoires sociétaux à la mode, qui aurait tant fait rire Philippe Muray, se retrouve dans son discours. S’il gagne, l’hidalgoïsation de Toulouse, durablement plongée dans le déclin, ne saurait tarder.

Toulouse, qui à une époque aurait pu devenir une seconde Rome, fut quelques siècles durant une belle endormie. Le socialisme à la Bazerque et à la Cohen prolongea ce paresseux coma. Les Baudis sortirent notre ville du grenier poussiéreux où les maires précédents la cantonnaient. A la suite des Baudis, continuant leur œuvre, Jean-Luc Moudenc est la figure de l’unité de Toulouse, des Toulousains, de la fidélité à son histoire, à ses valeurs. Il est le seul capable, en renforçant son attractivité, de lui éviter le déclin dans la sombre période économique qui s’annonce. Désignant un kaléidoscope politique, de petits intérêts dans une guerre des places, une concurrence de boutiques idéologiques, la notion d’archipel laisse transparaître une vision de l’homme, du monde et de Toulouse dont, s’ils réfléchissent posément, les Toulousains ne veulent pas.

Voter Moudenc, c’est empêcher l’hidalgoïsation de Toulouse, inévitable si Archipel citoyen l’emporte.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *