Méditation de Marie Noël sur le corps mort et enterré.

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4 réponses

  1. BERT dit :

    Berceuse de la Mère-Dieu

    Marie NOËL

    Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,
    Mon enfant tout chaud sur mon coeur qui bat,
    J’adore en mes mains et berce étonnée,
    La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.

    De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas.
    Vierge que je suis, en cet humble état,
    Quelle joie en fleur de moi serait née ?
    Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.

    Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba
    Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas
    Car j’avais aussi, petite et bornée,
    J’avais une grâce et vous l’ai donnée.

    De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
    Pour parler aux gens perdus d’ici-bas…
    Ta bouche de lait vers mon sein tournée,
    O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

    De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
    Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las…
    Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
    O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

    De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
    Pour rompre avec eux le pain du repas…
    Ta chair au printemps de moi façonnée,
    O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

    De mort, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
    Pour sauver le monde… O douleur ! là-bas,
    Ta mort d’homme, un soir, noir, abandonnée,
    Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

  2. BERT dit :

    Et celui-là me parait très beau aussi.
    Elle s’adresse un vers à son Dieu, puis un vers à son fils !
    Quand à son texte magnifique sur les corps morts et enterrés, cela fait réfléchir à la mode actuelle dramatique de la crémation…

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